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Communication et développement en Afrique
 

E- LEARNING  AU  BENIN : État  des   Lieux   et  Perspectives

Mémoire - 49 pages. Année 2001 - Institut National de la Jeunesse , de l'Education Physique et du Sport - Télécharger le document (version pdf)

Auteur : Marc-Henri Fagla : marc.henri.fagla at googlemail.com

Objectifs de la recherche:

Analyser la pertinence du e-learning dans le contexte socio-économique et culturel du Bénin à travers les expériences en cours au Centre d’Education à Distance et à l’Université Virtuelle Africaine.

Cet objectif général se décompose en plusieurs objectifs spécifiques.


Résumé

Il est impossible aujourd’hui d’ouvrir un quotidien, un hebdomadaire ou une revue professionnelle sans qu’on ne vous y parle des nouvelles de l’information et de la communication de façon générale et d’Internet en particulier.
En effet, Internet, ce super réseau télématique, le plus gigantesque du monde à en croire Denise Pélissier (2001), passe pour un phénomène inégalé depuis l’invention de l’imprimerie. Il représente une révolution sans précédent dans la production, la circulation et l’échange d’informations..

Né aux Etats-Unis dans les années 1960, il ne s’agissait alors que de « relier quelques ordinateurs appartenant à des centres de recherche et à des universités dans le cadre d’un projet national de défense » (Blurton, 1999), le réseau Internet sera ouvert au grand public dans les années 80. Il connaîtra dès lors un essor prodigieux et fera l’objet d’usages très variés.

Dans les pays développés, l'Internet s’est généralisé de façon très rapide et a une incidence directe et spectaculaire sur tous les aspects de la vie : commerce, politique, culture, loisirs, média, formation…
Internet marque un changement fondamental dans le rapport au savoir au sein de nos sociétés en perpétuelle mutation et est de plus en plus utilisé en tant que moyen d’enseignement et de formation.
L’entrée et l’usage de l’Internet dans le monde de la formation répondent surtout à un souci d’efficacité accrue.
« La situation de l’Afrique n’est pas marginale au point de la tenir à l’écart des grands courants et notamment des innovations technologiques ». Cette remarque de Janet Guyer (1996) suffit à elle seule à justifier la présence des nouvelles technologies, dont l’Internet, au Bénin et leur intégration en tant qu’outils de formation à distance.
En effet, le rapide développement de l’Internet touche aussi le Bénin où l’on assiste actuellement à la mobilisation de certains acteurs qui désirent faire d’Internet un outil pour la formation professionnelle continue à distance des cadres béninois.

Ce type de formation appelé e-learning ou e-formation fait son entrée dans un contexte où il se trouve auréolé d’a priori favorables et est investi des fonctions et des représentations les plus diverses.
Une brève analyse de situation nous permet cependant de relever quelques contrastes entre le contexte sous-économique et culturel qui a jusque là accueilli le e-learning et le contexte socio-économique et culturel béninois.
Dans les pays développés, beaucoup d’efforts sont faits pour atteindre un degré zéro d’analphabétisme.
Dans un pays comme la France l’ordinateur n’est pas loin de devenir un objet familier à tous. L’enseignement primaire est systématiquement gratuit et le secteur éducatif bénéficie d’infrastructures de base de très bonne qualité. Il existe une politique éducative et une politique de formation des ressources humaines réelle, planifiée tenant compte tant de la demande institutionnelle et sociale actuelle que des perspectives en vue. Cette politique est soutenue par des moyens adéquats dont l’Internet.

Quant au Bénin, pays en voie de développement, le taux d’analphabétisme gravite autour de 80% et l’outil informatique reste encore un luxe auquel seuls quelques privilégiés, ont accès.
Nombreux sont les Etudiants en fin de formation, les enseignants, les cadres de tout ordre qui ne savent pas manipuler l’ordinateur.

L’Etat n’a pas encore les moyens d’assurer un enseignement primaire gratuit à tous les citoyens malgré les efforts louables faits récemment. Les infrastructures de base les plus élémentaires font défaut.
La formation des ressources humaines si elle semble être une précaution dans les discours des responsables à divers niveaux souffre de l’absence de moyens financiers et d’une vision globale axée sur le long terme.
La politique mise en œuvre actuellement dans le domaine de la formation professionnelle continue vise plutôt à résoudre de façon ponctuelle des problèmes qui se posent hic et nunc.

Ces solutions sont la plupart du temps imposées par nos partenaires au développement que sont les institutions internationales et ne sont pas précédées nécessairement d’une analyse des besoins de groupes cibles.
C’est ainsi que le Centre l’Education à Distance (CED) et l’Université Virtuelle Africaine (UVA) qui offrent depuis peu des formations professionnelles continues à distance par le biais des nouvelles technologies, en particulier par le biais d’Internet, sont des réalisations de la banque mondiale.

Toutes ces réalités nous amènent à la formulation d'une problématique majeure qui indique:
Né dans un contexte flou caractérisé par l’absence d’une vision globale, le sous-équipement technologique, la faible importance accordée à la formation des ressources humaines par l’Etat, principal employeur (32.298 agents permanents de l'Etat en 1997 selon le Rapport du PNUD sur le Développement Humain au Bénin) et par les entrepreneurs du secteur privé, piloté par un acteur venu de l’extérieur, le e-learning pourra t-il réellement apporter de la valeur ajoutée en ce qui concerne la formation des ressources humaines au Bénin ?
Nous nous interrogeons, en effet, sur la pertinence de ce type de formation dans le contexte socio-économique et culturel endogène.
Son implantation constituait-elle une nécessité ? Tel que planifié aujourd’hui et offert au CED et à l’UVA, ce type de formation répond-il effectivement aux besoins des usagers ?