Forum I- Benin

La production de contenus au Bénin

La production de contenus Jean Tchougbé,  SYFED-BENIN, Texte intégral du document introductif au format Microsoft Word.

 

Le réseau Internet était au départ, en 1969, une révolution extraordinaire dans le système de transmission de données à distance. Réservé aux spécialistes de la recherche militaire des Etats-Unis pendant des années, l’Internet a été utilisé par un grand nombre d'universités et d'établissements de  recherche, d'abord en Amérique du Nord, puis dans le monde entier. Les chercheurs l'utilisaient principalement pour l'échange de messages et de fichiers.

L’étape de l'invention du Web, en 1989, marquera un tournant extraordinaire dans l’aventure de l’Internet. Le Web favorisera la diffusion planétaire de ce nouveau média et rendra l'Internet  convivial et accessible à tous,  pour consulter des informations et pour en publier. Et ceci constitue l’enjeu majeur de l’Internet. Le Web a complètement modifié les modes de structuration et de diffusion des informations. La structuration des informations permet de diffuser des contenus sur le Web.

Évidemment, l’on parle plus aisément des problèmes d’infrastructures (débit lent, télé densité, tarification, prix exorbitant du matériel informatique) que des contenus. En quelque sorte, l’on s’intéresse davantage au contenant qu’au contenu. Cela signifie simplement que l’on n’a pas véritablement perçu les enjeux des contenus sur l’Internet.

I Pourquoi des contenus ?

Le Web a été un bouleversement des modes de transmission et de publication des informations. L'ensemble des informations structurées est un contenu. La tendance, qui se généralise de nos jours, est la forte propension, du moins pour les pays du Nord, de rechercher des informations sur le Web. Aussi, la visibilité d’un pays, est-elle tributaire des contenus, c’est-à-dire, des informations structurées disponibles sur lui. Au total, en qui concerne des pays comme le nôtre, la tendance des investisseurs à investir au Bénin, des touristes à visiter le Bénin, des acteurs au développement à s’intéresser au pays, etc. dépendra essentiellement des informations qu’ils peuvent obtenir sur le Bénin tout en étant dans leurs pays.

Voilà l’enjeu des contenus sur l’Internet. Qu’elle conscience en avons-nous au Bénin ?

II Les contenus sur l’Internet, outil d’aide au développement : mythe ou réalité ?

Les informations structurées ou les contenus sur l’Internet contribuent à coup sûr à l’essor d’un pays comme le nôtre. Il est aujourd’hui admis que l’information constitue au même titre que les ressources financières et la main d’œuvre humaine, un facteur de production. Une bonne information accroît la probabilité de rencontre entre les ressources financières et les projets de développement. En effet, les partenaires au développement avec la banque mondiale en tête ont besoin en permanence d’informations sur les pays afin d’élaborer les différents programmes de développement. Il apparaît clairement que la disponibilité de contenus relatifs à un pays sur le Web constitue à coup sûr une plus value. Alors où en est le Bénin ?

III L’état des contenus.

Il me semble que c’est la première fois que la question des contenus est évoquée dans nos débats. On a pris l’habitude de fustiger les “caprices et médiocrités ” de l’office béninois des postes et télécommunications, sans prendre véritablement conscience des enjeux des contenus. En dehors de quelques serveurs locaux qui offrent des contenus plus ou moins actualisés, l’essentiel des contenus sur le Bénin provient de l’extérieur. Je propose à votre réflexion quelques raisons qui expliquent cette situation. Il s’agit :

        du manque de prise de conscience des enjeux des contenus sur le Web par les acteurs béninois de l’Internet, Isoc-Bénin a un travail à faire.

        du manque d’expertise à créer et à maintenir des sites, d’où la nécessité de former et de consolider l’expertise locale,

        de l’insuffisance de l’espace d’hébergement local et des tarifs élevés,

        de la tradition pathologique de rétention de l’information dans notre pays,

        de la faiblesse de plus en plus remarquée des débits  car il ne sert à rien d’avoir des contenus auxquels personne ne peut accéder.

Jean Tchougbé,  SYFED-BENIN