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Le Bénin et l'Afrique dans la société de l'information |
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La société civile dans le partenariat multiacteur :
réflexions à partir de l’expérience du projet CIPACO de l’IPAO
Par
Ken Lohento/Institut Panos Afrique de l'Ouest, 2005
Contact : lohentoAROBASEoridev.org
Voir extrait ci-dessous.
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Working paper - Publié dans l'ouvrage “African CSOs speak on the World Summit on the Information Society », 2005, de la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies (UNECA) en 2005
(Extraits) -
Le Sommet Mondial sur le Développement Durable de 2002 ainsi que le Sommet Mondial sur la Société de l’Information (2003-2005) ont consacré le Partenariat Multiacteur (PMA) comme le format de coopération le plus susceptible de garantir la disponibilité des ressources nécessaires à la réalisation des projets de développement durable. Ce partenariat rassemble le secteur privé, le gouvernement, la société civile (deux à deux ou de façon multilatérale) autour d’un projet, d’une action de développement spécifique. Certaines activités du CIPACO (Centre sur les Politiques Internationales des TIC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, projet de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) initialement financé par le programme international CATIA), sont réalisées dans ce cadre partenarial. L’objectif de cet article est de présenter quelques manifestations de ce partenariat du point de vue de la société civile africaine. L’article examine en particulier le partenariat secteur privé - société civile, compte tenu de sa particularité. Cette analyse est essentiellement réalisée à partir de l’expérience en cours du projet CIPACO Une analyse du PMA est au préalable proposée.
La partenariat multi-acteur : échappatoire ou indispensable nécessité ?
Le partenariat multiacteur est à la mode, notamment dans le discours international. De prime abord, on ne peut s’empêcher de considérer les appels à la mise en place de ces partenariats avec circonspection. En effet, malgré la pertinence que revêt le concept et au vu de l’histoire de la coopération au développement, on peut légitimement se demander si l’objectif non officiel de ces stratégies n’est pas le désengagement des pays riches de l’accroissement de l’aide publique au développement, ainsi que l’imposition du secteur privé. En effet, le PMA est parfois présenté comme la solution aux besoins de financement du développement. Or on sait que les engagements pris au sommet de Monterrey ne sont pas respectés et que la recherche de stratégies de financement pour compenser ce déficit est devenue une nécessité. On sait également qu’en dehors des Etats, seul le secteur privé possède ces financements complémentaires, qu’il peut mettre à disposition selon ses priorités et intérêts. Dans le même temps, la privatisation et le libéralisme (ou même l’ultralibéralisme) ont le vent en poupe et sont promus. L’inclusion théorique de la société civile ne serait alors qu’anecdotique, formelle, puisqu’elle est aujourd’hui incontournable tout en n’ayant pas les moyens de mettre à disposition ces financements nécessaires.
Mais le réel intérêt des PMA, si l’on s’en tient aux entendements officiels et à une certaine réalité du concept, est qu’il place les activités de développement dans une perspective écologique de développement durable, qu’il institue un sens de responsabilité et d’intérêts partagés dans la coopération entre les différents acteurs. Les nécessités d’une gouvernance exemplaire de nos sociétés rendent aujourd’hui indispensable l’inclusion de tous les acteurs, la sauvegarde des intérêts publics (lutte pour la sauvegarde de l’environnement, défense des droits humains) et la recherche de financements alternatifs. Il est évident qu’un partenariat entre l’Etat, la société civile et le secteur privé, peut assurer ces différents besoins, chacun de ces acteurs ayants des expertises et des axes d’interventions spécifiques et complémentaires. Dès lors, le PMA apparaît dans de nouveaux habits, devient utile et pertinent.
L’institutionnalisation en cours des PMA a pour implication la reconnaissance de la société civile, comme acteur incontournable de la gouvernance mondiale (et locale). Il faut rappeler que cette reconnaissance s’est progressivement construite sur le plan international, avec pour points culminants les démonstrations de force contre l’Accord Multilatéral sur l’Investissement (1998) et l’Organisation Mondiale du Commerce à Seattle (1999). Dès lors la société civile est devenue un interlocuteur incontournable. En Afrique, en particulier, la crise de l’Etat au début des années 90 avait favorisé l’entrée en scène décisive des ONG et associations.
(….)
Partenariats société civile - secteur privé en Afrique
Ces partenariats ne se mettent pas en œuvre dans les mêmes conditions au Nord et au Sud. En effet, alors que la cible des mouvements altermondialistes occidentaux est d’abord la multinationale occidentale, celle des mouvements altermondialistes africains n’est pas la multinationale africaine (sauf dans des cas très rares), tout simplement parce qu’il y en a pas ou très peu. Dans les deux cas, les multinationales occidentales sont les premières cibles. La promotion du secteur privé africain (notamment les PME), également entravé par l’expansion d’un certain secteur privé occidental, est même une revendication de l’altermondialisme africain.
On peut alors se demander si la crainte d’une aliénation éthique avec le privé ne devrait pas être moins forte, pour l’instant tout au moins, en Afrique. Ici, le secteur est en construction, et par conséquent peu hégémonique. En outre, les interpénétrations entre les deux secteurs sont une réalité quotidienne sur le continent, dans le domaine des TIC tout au moins. Le secteur privé a souvent appuyé certaines activités des associations, contre promotion publicitaire. Ainsi, pour organiser des manifestations de sensibilisation sur les usages des TIC pour le développement, une association sollicite un distributeur de matériel informatique pour le prêt du matériel, et un prestataire de services internet pour la connexion réseau. Le secteur privé est également parfois sollicité pour apporter une certaine expertise en matière de ressources humaines (réalisation des réseaux, animation d’une thématique technique spécifique, etc.). Ainsi, la société civile contribue grandement à la création du marché TIC, par ses actions de sensibilisation et de formation de toutes les couches des populations, depuis les débuts des TIC en Afrique. Elle contribue ainsi directement et indirectement au développement des activités du secteur privé dans ce domaine. Ce rôle ne lui est pas souvent officiellement reconnu. En outre, toujours dans le domaine des TIC, beaucoup d’acteurs du privé ont été ou sont membres d’associations, dans le secteur des TIC. En effet, l’observation empirique nous indique que, dans beaucoup de cas, le militantisme dans les structures à but non lucratif se présente ces dernières années en Afrique comme une étape transitoire vers la création d’entreprise. Ceci est vrai surtout pour les entreprises TIC créées par des jeunes. Cette transition se présente pour beaucoup comme une période d’incubation, de maturation de l’idée de création d’entreprise, une solution provisoire à la difficulté habituelle d’insertion professionnelle (tout comme elle illustre également, dans bien des cas, un réel souci d’œuvrer pour le développement local des/via les TIC). (....)
Voir l’article Partners Or Adversaries? The G7/G8 Encounters Civil Society, par Peter I. Hajnal
http://www.g8.utoronto.ca/scholar/hajnal20000720/ . En décembre 1999, lors d’une réunion de l’OMC, des manifestations violentes ont été organisées dans les rues de Seattle (USA) pour protester contre les mesures de l’OMC et la libéralisation inhumaine de l’économie. Cette réunion qui a ainsi échoué grâce à l’action de la société civile, fait suite à l’échec de l’adoption de l’Accord Multinational sur les Investissements (AMI) de l’OCDE en 1998, suite à la mobilisation de la société civile internationale. Voir Civil Society - The Third Global Power - The Collapse of the WTO Agenda in Seattle – (Auteur: Nicanor Perlas) http://www.southerncrossreview.org/4/wto.html