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Le Bénin et l'Afrique dans la société de l'information


Quelques textes publiés/présentés

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Ces textes diffusés portent sur le Bénin ont été publiés dans la presse ou présentés dans divers cadres . Toutes les informations publiées ici ne peuvent être citées qu'avec la mention de la source. Tous ces textes sont de K Lohento. Voir d'autres publications portant sur le Bénin sur la page d'accueil du site Le Bénin et l'Afrique dans la société de l'information"(rubrique
Bénin). Pour des textes concernant l'Afrique, voir sur la même page "Le Bénin et l'Afrique dans la société de l'information", la rubrque "Afrique".

Société civile et politique nationale des NTIC au Bénin (avril 2003)
« Réseaux citoyens » : du concept au devenir. Cas particulier du Bénin et de l’Afrique (Communication donnée à Global CN 2002 ; en octobre 2002 ; fichier Powerpoint)
Insertion de la jeunesse béninoise dans la société de l'information : enjeux, intitiatives de l'ONG Oridev (Communication donnée lors de GCN 2001 à Buenos Aires - Décembre 2001)
Internet au Bénin : enfin un méga !, mais après ? (juillet 2001, La Nation)
Internet et développement : le Bénin, fidèle lanterne rouge (année 2000, Le Matinal)





SOCIETE CIVILE ET LA POLITIQUE NATIONALE DES NTIC AU BENIN

Dans le cadre de son programme " Africa ICT Policy Monitor Project" la Section Africaine de l'Association for Progressive Communication a commandité des rapports sur les organisations de la société civile africaine face à la politique, la régulation des TIC en Afrique. De rapports viennent d'être produits sur le Bénin, l'Egypte, le Cameroun (mis en ligne en mai 2003). D'autres rapports nationaux existent également, et d'autres sont en élaboration. Les rapports sont parfois bilingues (comme celui sur le Bénin et le Sénégal).

Voir ci-dessous le sommaire du rapport sur le Bénin - Voir tous les rapports ici

Société civile et politique nationale des NTIC au Bénin (rédigé en avril 2003)
Par Ken Lohento (pour APC - Afrique)

Sommaire

INTRODUCTION
1 SITUATION ET REGULATION DE LA PRESSE ET DES NTIC
1.1 SITUATION ET REGULATION DE LA PRESSE
SITUATION DE LA PRESSE
REGULATION DE LA PRESSE
1.2 SITUATION ET REGULATION DES NTIC
SITUATION DES NTIC
APPLICATIONS SECTORIELLES DES NTIC
REGULATION DES NTIC
2 LA POLITIQUE DES NTIC AU BENIN
2.1 L'ELABORATION DE LA POLITIQUE NATIONALE
2.2 CONTENU DE LA POLITIQUE NATIONALE
3 ONG ET NTIC AU BENIN
3.1 CONFIGURATION ET VIE INSTITUTIONNELLE DES ONG
3.2 LES ONG OEUVRANT DANS LE SECTEUR DES NTIC ET LEURS CHAMPS D'ACTIONS
3.3 ONG ET REGULATION DES NTIC
4 RECOMMANDATIONS
4.1 DOMAINES D'INTERET POUR LA SOCIETE CIVILE DANS LA REGULATION DES NTIC
4.2 RECOMMANDATIONS POUR UNE MEILLEURE ACTION
CONCLUSION
ANNEXES

INTERNET ET DEVELOPPEMENT : LE BENIN, FIDELE LANTERNE ROUGE


Lorsqu'on parle de développer l'internet au Bénin, échaudés par l'apparition récurrente de soi-disants " panacées du développement " ou par l'utilisation d'un nouveau paradigme venant du Nord, beaucoup crient à la mascarade et au mimétisme. Nous comprenons ces réactions, tout à fait justifiées, quand bien même la morale enseigne de ne jamais jeter le bébé ainsi que l'eau de bain. Lorsqu'il s'agit de l'internet, des " Technologies de l'Information et de la Communication " (TIC ou NTIC), nous devons être plus froids et mieux analyser les choses pour prendre des décisions salutaires pour le pays, surtout lorsque nous sommes décideurs du secteur.

Qu'on comprenne bien notre propos. Pour nous, l'internet n'est pas l'instrument magique qui transformera SOUDAINEMENT nos hameaux en d'imposants immeubles, nos populations illettrées en nouveaux Voltaires, nos eaux souillées en eau potable, nos âmes corrompues en foyers immaculés, qui guérira d'un coup le Sida ou le paludisme, etc. L'internet n'est pas non plus une bonne sœur charriant une bonté innocente et gratuite. Mais autant refuser de ne plus s'exprimer en français ou anglais, de ne plus ni prendre l'avion, ni conduire nos Mates, nos 505, si forts de cette dernière argumentation, nous nous fermions à l'internet.

Pourquoi s'indigner de l'état de développement actuel de l'internet dans notre pays ?

LE BENIN, LANTERNE ROUGE

Fin 1995, le Bénin s'est connecté, bien avant la plupart des pays francophones africains au sud du Sahara. Bon nombre de ces pays nous enviait alors, se disant que nous venions ainsi de nous doter (même si l'initiative n'était pas nôtre) d'une technologie pouvant appuyer notre développement multisectoriel. Nous avions alors un " débit " international de 64000 bips/s ( le débit international est la vitesse de transmission des informations entre le Bénin et l'étranger ; le débit constitue un facteur très important en ce qui concerne l'internet, parce que permettant ou non de jouir de toutes les potentialités qu'offre la technologie). Ce débit bien que très faible, nous situait parmi les pays du Sud les mieux pourvus à l'époque. Les autres pays africains ont par la suite commencé à se connecter. Sénégal, Togo, Burkina Faso, Niger, Nigéria, etc. Ces pays en se connectant, prirent des débits de 64000 bit/s, tout comme nous, puis rapidement, certains d'entre eux évoluèrent, se rendant compte des limites que leur donnait cette vitesse. Le Sénégal alla rapidement à 1mégabit (soit environ 15 fois le débit béninois). On nous promit alors également une augmentation de notre débit. Entre temps, nous bénéficions, comme certains pays africains de la mise en œuvre locale d'un projet américain appelé Leland Initiative, dans le cadre duquel, entre autres, notre débit pouvait être élevé jusqu'à au moins 1 mégabit en moins de trois ans (vers 2000). Dans cet élan, après moults tergiversations, en février 1998, notre débit fut doublé : 128 000 bits/s. Entre temps, le Togo, le Burkina et autres étaient à 256 bits/s, soit le double de notre nouveau débit. Aujourd'hui, le Sénégal se situe à au moins 2mégabits, le Nigéria 2 mégabits, le Burkina court vers 2 mégabits, le Togo possède1 mégabit. Le Bénin est toujours à 128 000 bits/s (soit au moins 8 fois moins que le Togo, au moins seize fois moins que le Sénégal) ; le projet Leland est apparemment bouclé. Si nous ne devons ni nous comparer à la France, aux Etats-Unis, ni peut être même à l'Afrique du Sud, au Nigéria et au Sénégal (encore que !..), nous pouvons au moins nous comparer au Burkina et au Togo. Et il est inconcevable et inacceptable que nous soyons à ce stade aujourd'hui et que depuis plus de deux ans, l'augmentation du débit reste au stade de projet. De plus, au Togo où la liberté d'expression est encore entravée, ce n'est pas le seul Togotel (équivalent de l'OPT) qui possède 1 mégabit, mais un opérateur privé existe (CAFE informatique), qui possède environ un débit de 1,2 mégabits/s et qui est totalement indépendant de Togotel depuis 1997. Le Bénin, chantre de la démocratie, est loin de cet exploit. Et comme d'habitude, après notre connexion, nous avons tôt fait de reprendre les bonnes habitudes. Nous avons coutume d'être lanterne rouge, pourquoi faire exception à la règle ? Nous étions quartier latin de l'Afrique, premier exportateur de palmier à huile, champions africains de boxe, etc… Aujourd'hui nous sommes là où nous sommes. Nous avons connu le téléphone portable en 1995, avant beaucoup de pays de la région. Nous avons dès lors pris le soin de choisir une technologie AMPS en voie de disparition. Ce n'est qu'en 2000 que le GSM sera opérationnel chez nous, après tous les pays de la région. " C'est le Béninois qui est comme çà " a dit un Togolais. Bientôt, la démocratie sera diffusée sur tout le continent, et nous irons encore tenir notre poste rouge qui nous attend impatiemment. Et le monde nous oubliera définitivement.

MAIS POURQUOI AVOIR UN BON DEBIT ?

Bien que l'augmentation du débit ne soit pas la panacée du développement des NTIC, ne pas avoir un bon débit peut être comparé à être enfermé dans une chambre contenant une très faible dose d'oxygène. Très vite, vous devenez diminué dans vos potentialités, vous étouffez, et cherchez par tous les moyens à vous en extraire. Telle est la situation de l'internet au Bénin. Du fait de la faiblesse de notre bande passante (autre nom pour débit), nous ne pouvons exploiter toutes les potentialités qu'il offre (utilisation de la voix, téléphonie par l'internet, vidéoconférence, visiophonie, formation à distance etc..) ; nous avons tellement de difficultés que nous nous en écartons finalement. Les exemples sont légions. Nous ne pouvons dès lors comprendre que l'internet et les réseaux du type, soient des appuis au développement. Nous connaissons à peine le courrier électronique et la navigation. Et lorsque nous naviguons, nous avons tellement de problèmes de déconnexions, tellement de problèmes de lenteur dans la connexion, que nous perdons beaucoup d'argent, et que nous arrêtons notre utilisation, dégoûtés. A Lomé, pour citer cet exemple, l'internaute paie pour une heure de temps en moyenne 800 F. A Cotonou, il faut payer au moins 1500 F en temps normal et vous naviguez sur une vitesse plus lente. L'utilisateur habitant hors de Cotonou, souffre encore beaucoup plus pour se connecter et paye encore plus cher sa connexion du fait du coût du téléphone (appel vers Cotonou, car absence d'un autre point de présence). A Lomé, vous pouvez émettre des appels téléphoniques vers l'Europe et l'Amérique par l'internet avec une assez bonne qualité d'écoute et pour 250 F ou moins par minute. Une telle possibilité relève du rêve à Cotonou, toujours à cause du débit ridicule. La plupart de ceux qui y ont testé la téléphonie par l'internet, n'y reviennent plus. Alors que chez nous cette application est un objet muséal pour démonstration et exposition, à Lomé, elle est consommée intensément par les étudiants, les opérateurs économiques nationaux comme étrangers, le grand public. Un très grand nombre de petites entreprises est né par ce produit qu'elles commercialisent (création de nouveaux emplois !). L'internet a d'ailleurs connu son développement dans ce pays par la téléphonie. Des applications comme le netmetting, inconnues chez nous, sont couramment utilisées. Profitant également de leurs liaisons spécialisées (disponibles dans beaucoup plus d'institutions et coûtant beaucoup moins chères qu'au Bénin), les entreprises commencent à développer des usages novateurs (la télévision togolaise qui a commencé à émettre sur le net, le commerce électronique s'expérimente activement, etc). Si le paysage politique était plus démocratique, nul doute que ce pays entrerait progressivement dans une nouvelle ère de développement des NTIC et de son développement global, notamment en ce qui concerne le commerce électronique et les applications multimédia. Pourtant nos décideurs voyagent et sont au courant de toutes ces avancées dans les autres pays du Sud comme du Nord ; pourtant ils reviennent au pays et comme si de rien n'était, continuent leur ronde quotidienne ; pourtant ce n'est pas le coût d'une connexion à 1 mégabit qui se situe hors de notre portée. Avec plus de 2000 abonnés, on peut rentrer dans ses fonds en un mois à peu près (pour un abonnement mensuel d'au moins 10 000 F ). Or on sait que l'OPT dispose aujourd'hui de plus de 2000 abonnés et que l'offre de liaisons spécialisées (au moins 1 million par mois aujourd'hui) reviendra doper ce chiffre d'affaire. De nouveaux candidats à l'obtention d'une liaison spécialisée devraient aussi apparaître ( si l'on veut bien la leur attribuer !) si les coûts étaient revus à la baisse.


DEVELOPPER LE TELEPHONE OU L'INTERNET ?

Lorsque l'on parle du développement de l'internet, on y oppose quelquefois le développement préalable du téléphone. S'il est vrai que sans téléphone on ne peut utiliser l'internet et que les populations ont d'abord besoin du téléphone, il est aussi vrai qu'on ne saurait " attendre " d'avoir développé le téléphone (depuis des années on s'y attèle, pourtant des milliers de demandes sont insatisfaites) avant d'augmenter le débit national (première urgence dans le processus de développement de l'internet au Bénin). De plus, augmenter le débit national, est de loin plus " facile " que de développer le téléphone, puisqu'il suffit de disposer de fonds et de contacter un prestataire de service. Nul trou à creuser. Ce n'est qu'une question d'heures ou de jours, contrairement au développement de la téléphonie filaire. Et le retour d'investissement est garanti. En définitive, on peut à la fois bien développer l'internet et le téléphone simultanément ; ces deux actions sont tellement complémentaires qu'on ne peut les distinguer. Bientôt les téléphones portables pourront être connectés sur l'internet et nous ne pourrons jamais jouir de toutes leurs potentialités si nous ne développons pas l'internet. On pourrait même créer une filiale devant offrir rien que le service internet et des produits connexes à l'OPT, filiale qui s'occuperait plus spécifiquement de son développement. Cela s'est fait au Sénégal, en France (et même au Bénin pour le portable Libercom, bien que nous ne soyons pas en face des mêmes cas de figure).

La réunion du G8 qui vient de se tenir au Japon a consacré des sessions sur la société de l'information, autre preuve de l'enjeu qu'elle constitue pour les Nations. Deux semaines plus tôt, nous avions accueilli le président Khadafi et avions applaudi l'Union Africaine. La définition du rôle et de la place que nous devons avoir dans cette union doit désormais être notre tâche première. Si nous demeurons un coin perdu de cette Afrique marginalisée, un hameau volontairement en quarantaine dans une mondialisation et une union tueuses des individualités, alors le Bénin disparaîtra. En ce qui concerne le débit international internet, le minimum à exiger est actuellement un mégabit par seconde. Il est également temps que le gouvernement mette en place une politique nationale sur le développement des NTIC au Bénin (depuis l'informatique, jusqu'à l'internet, à la télématique en passant par le téléphone). Le Ministère de la Culture et des Communications a depuis plus d'un an un projet d'organisation de journées sur les Nouvelles Technologies. Ainsi va l'ex-quartier latin de l'Afrique.

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INTERNET AU BENIN : ENFIN, UN MEGA !, MAIS APRES ?

On l'aura attendu pendant des mois, des années. Aujourd'hui l'augmentation du débit national est chose faite : l'Office des Postes et Télécommunications du Bénin vient de faire passer la connexion internet nationale à un mégabit/s, soit 8 fois le débit du nœud le plus élevé précédemment. Il convient d'abord de féliciter l'OPT pour cette évolution importante. Mais la situation n'est pas encore rose pour autant et de nouveaux enjeux émergent au travers de l'éclosion des NTIC au Bénin.


Félicitations !

Il convient vraiment de se réjouir de cette évolution de l'internet au Bénin. En effet, depuis l'inauguration du nœud de 128 kilobits/s offert par le projet américain Leland Initiative en février 1998, il avait été promis par l'Office des Postes et Télécommunication l'augmentation du débit dans les mois qui allait suivre, afin que le Bénin puisse profiter des opportunités offertes par ce projet. Mais le premier mémorandum signé par le Bénin et l'USAID est venu à terme en 2000 sans que le Bénin n'ait pu bouger de 128 kbits/s. L'OPT avait même annoncé qu'il allait procéder à l'augmentation du débit de façon indépendante. Lors des interventions médiatiques, il était à chaque fois affirmé que l'augmentation allait être effective " bientôt ", " dans quelques jours ", " dans quelques semaines ". Des jours et semaines sont passés, mais rien ne bougeait. Pendant ce temps, les internautes trimaient entre les liens du web dans les cybercentres et perdaient de l'argent. Pendant ce temps, le Togo passait à un méga (pour chacun de ses deux fournisseurs d'accès), le Sénégal à 4 puis 42 méga, le Burkina et le Mali ne restant pas non plus inactifs. Les acteurs des Nouvelles Technologies avaient beau s'indigner, rouspéter, mais rien ne semblait émouvoir l'OPT. Entre temps, un Ministre des Nouvelles Technologies était nommé…

Puis, Il a une dizaine de jours, la rumeur a commencé à courir, confirmée par des sources fiables. " Ils veulent passer à un méga !". Auparavant on parlait de 512 ou même de 256 kilobits/s. " On est entrain de faire des tests, c'est pour ça qu'on n'en parle pas " avait chuchoté une personnalité de l'OPT. L'OPT vient même de lancer des communiqués pour l'annoncer. Le Bénin est passé à un méga (c'est à dire 1024 kilobits/s) à travers une liaison de l'opérateur américain Câbles and Wireless ! Du coup, le débit national égale celui de chacun des fournisseurs d'accès togolais ; il n'est plus "que" 40 fois inférieur à celui du Sénégal, et dépasse celui d'autres pays comme le Niger, le Mali, tout en se rapprochant de celui du Burkina-Faso. A l'intérieur du pays, de nouvelles perspectives s'ouvrent pour l'internet. Ceci est déjà palpable d'autant plus que l'OPT n'a pas seulement augmenté le débit, mais a également, grâce à l'acquisition de nouveaux équipements, amélioré la qualité de la connexion qu'il fournissait à ses abonnés (en particulier les abonnés en RTC, Réseau Téléphonique Commuté - autrement dit les abonnés via la ligne téléphonique " ordinaire "). Il est possible désormais que 240 clients se connectent simultanément à son serveur. La vitesse de connexion a été aussi améliorée. Enfin le coût de la " communication internet " qui était de 51F la minute est passé au coût de la communication locale, 66 F toutes les trois minutes, comme l'appliquent les fournisseurs d'accès privés! Le coût de l'internet via l'OPT est ainsi réduit de plus de 50 % en ce qui concerne la communication !
Toutes ces évolutions sont également à l'actif du nouveau ministre des nouvelles technologies qui commence ainsi à illustrer sa volonté de faire progresser le Bénin dans le secteur.
Il faut aussi féliciter les acteurs du secteur des NTIC qui par leurs critiques ont contribué à ces changements.


Mais…

Mais, tout n'est pas encore rose et de nouveaux enjeux émergent déjà.
En effet, s'il est vrai que l'acquisition de nouveaux équipements par l'OPT améliore le confort dans la navigation, cela ne signifie pas que les abonnés via le réseau téléphonique navigueront à grande vitesse : cette vitesse dépend des capacités de leurs modems. En outre, les abonnés des fournisseurs d'accès privés ne bénéficieront pas de façon automatique de ce confort, puisque les fournisseurs d'accès bénéficient toujours d'une connexion à 64 kilobits/s et doivent au préalable améliorer la qualité de la transmission entre leurs clients et eux. Par exemple, le nombre de voies d'accès sur leur serveur devra être augmenté afin que l'accès au serveur de l'OPT ne soit pas plus aisé qu'au leur. S'ils ne réajustent pas leurs services, se connecter via l'OPT sera plus confortable actuellement que le faire via un autre fournisseur. Le public abonné en RTC ne pourra jouir d'un débit dépassant 56 kilobits/s que lorsque des technologies ou services comme le RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Service) seront mis en service. Et là, l'OPT est bien parti gagnant puisque seul un opérateur téléphonique peut mettre en place le RNIS….Mais le public peut jouir de connexion à haut débit via les connexions par ondes radios ou par satellite que des fournisseurs peuvent mettre en place. Implication, c'est surtout dans les cybercentres qu'on pourra naviguer à haut débit.
Mais au préalable, il faudra d'abord que l'OPT offre aux fournisseurs privés une connexion dépassant 64 kilobits/s. Comment ces mesures se mettront-elles en œuvre ? L'OPT devra mettre en place le plus tôt possible de nouvelles offres, notamment en ce qui concerne les liaisons spécialisées : quels seront les débits proposés et quels seront les coûts ? Là se situent d'autres enjeux. Il est déjà attesté que ses coûts étaient élevés. Les nouvelles offres (qui sont selon certaines informations sont en étude) devront tenir compte de cette situation. Et plus vite elles seront mises en service, plus rapidement les fournisseurs privés réajusteront leurs services pour faire face à l'offre envisagée du service RNIS par l'OPT.

Mentionnons que, curieusement, malgré la mise en place des fibres optiques entre Cotonou et Parakou, certains abonnés (cas des utilisateurs de Dassa) affirment qu'il leur est plus difficile de joindre les serveurs de leurs fournisseurs (FirstNet notamment). Depuis Porto-Novo, certains abonnés affirment que la situation ne s'est pas réellement améliorée. Pourquoi cette situation ? Mentionnons aussi que FirstNet envisagerait d'augmenter ses coûts. Quels sont les raisons de cette situation ? Est-ce une mesure entrant dans le cadre des évolutions dans le secteur ?

Des bouleversements en perspective

De toute évidence, le secteur des NTIC au Bénin connaîtra bien des bouleversements. Des travaux sont entrain d'être effectués pour que la qualité de la liaison s'améliore entre les fournisseurs privés et l'OPT, car bien que ceux-ci jouissent officiellement d'un débit de 64 kilobits/s, ils n'atteignent presque jamais ce débit du fait de la qualité des installations. En supplément à tout ceci, l'OPT promet de passer à 4 méga avant la fin de l'année ! Les travaux entrant dans le cadre du projet international de câbles sous-marins à fibres optiques SAT3/WASC/SAFE auquel participe l'OPT (voir bulletin Orit@ N° 15 publié par l'ONG ORIDEV) et ses propres projets de développement de l'infrastructure NTIC national devraient permettre de faire évoluer les NTIC au Bénin. Nous espérons que tous les acteurs sociaux sauront saisir cette opportunité de développer leurs activités ! Puisse l'OPT conduire harmonieusement ses projets afin qu'ils puissent réellement se concrétiser et que nous n'attendions pas trois autres années avant de bouger. Nous espérons enfin que le Bénin pourra désormais jeter la lanterne rouge qu'il adore tant, si nous le comparons aux autres pays de la sous-région. Le Ministre de la Communication et des Technologies Nouvelles, Gaston ZOSSOU, qui selon certains aurait bénéficié d'un ministère peu important pour le pays, a ainsi l'occasion de montrer qu'il est aux commandes de la locomotive qui permettra au Bénin de commencer à émerger du sous-développement.

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INSERTION DE LA JEUNESSE BENINOISE DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION : ENJEUX, INITIATIVES DE L'ONG ORIDEV

Plan
I. Introduction : le Bénin, les NTIC et l'ONG ORIDEV
II. La jeunesse béninoise face aux NTIC
III. Insertion de la jeunesse dans la société de l'information : contributions de l'ONG ORIDEV
IV. Conclusions et perspectives.

1.INTRODUCTION : LE BENIN, L'ONG ORIDEV, LES NTIC

1.1 LE BENIN
Le Bénin est un pays de l'Afrique de l'Ouest, limité au nord par le Niger et le Burkina Faso, au sud par l'océan Atlantique, à l'est par le Nigéria, à l'ouest par le Togo. Il a une superficie de 112 622 Km2. Sa population était estimée en 2001 à plus de 6 millions d'habitants.
Les trois grandes villes du Bénin sont Cotonou, Porto- Novo et Parakou. L'économie béninoise est essentiellement agricole et 64,3% de la population béninoise vit dans les zones rurales. La monnaie utilisée est le franc CFA : 750 FCFA équivalent à 1 dollar américain environ. Les principales activités économiques sont l'agriculture, le commerce, l'artisanat, la petite et moyenne industrie/entreprise.

1.2. LES NTIC AU BENIN
Le Bénin s'est connecté à l'internet dans le cadre de la préparation du sixième sommet de la francophonie qui s'est tenu à Cotonou, Bénin, en décembre 1995. Il est l'un des premiers pays africains francophones à se connecter sur le réseau et disposait d'une bande passante de 64 kilobits/s. En 1998, cette bande passante fut augmentée à 128 kilibits/s grâce au projet américain Leland Initiative. Ce n'est qu'en juillet 2001 qu'elle augmentera à nouveau pour atteindre un mégabit/s, alors que les autres pays de la sous régions se situent déjà au delà de cette capacité. L'opérateur historique des télécommunications est l'Office des Postes et Télécommunications (OPT). Cinq fournisseurs d'accès offrant des services au grand public sont actuellement opérationnels (dont quatre privés). La population des internautes ne dépasse pas un pourcent de la population, alors que les abonnés au services des fournisseurs d'accès locaux tournent autour de 7000. La distribution géographique de l'internet est très déséquilibrée car le service réellement n'est disponible que dans les grandes villes, dont Cotonou qui héberge autour de 90% des internautes. Les NTIC font face à de multiples problèmes pour leur essor, problèmes tels l'analphabétisme d'environ 70% de la population dans les langues occidentales, la défectuosité des infrastructures de télécommunication (il existe un seul POP situé à Cotonou et la plupart des centraux sont analogiques), la saturation des centraux téléphoniques entraînant la rareté du téléphone fixe (47 000 lignes en juillet 2001), la faiblesse du réseau électrique, etc. Pour contrer toutes ces difficultés un ministère de la promotion des nouvelles technologies a été institué mi 2001.

1.3. L'ONG ORIDEV
ORIDEV www.oridev.org est une organisation non gouvernementale béninoise qui a pour objectif de promouvoir le développement par la communication, par l'usage des Technologies de l'Information et de la Communication. Elle a été créée en octobre 1998 et est l'antenne nationale du réseau international ANAIS www.anais.org (réseau international dont l'objectif fondamental est la promotion des nouvelles technologies de l'information et de la communication en Afrique et en Europe) avec lequel elle entretient des relations privilégiées. ORIDEV travaille à travers trois programmes principaux : le programme Information-Sensibilisation, le programme Formation - Assistance Technique et le programme Infoports.

Le programme Information-Sensibilisation initie et coordonne toutes les activités d'information et de sensibilisation sur les Technologies de l'information et de la communication (organisation des fêtes de l'internet en 1999, 2000 et 2001, publication de documents sur les TIC au Bénin, édition d'un bulletin électronique sur l'évolution des TIC au Bénin, Club Fragments du Monde/Oridev, etc..)

Le programme Formation et Assistance Technique supervise et/ou exécute toutes les activités de formation que mène l'ONG. Il appui les différents programmes (notamment le programme Information-Sensibilisation) dans la réalisation de leurs activités. Le volet assistante technique offre un cadre permettant à l'ONG d'assister des structures à but non lucratif à la résolution de problèmes techniques.

Le programme Infoports a pour objectif de créer et de promouvoir les points d'accès collectifs. En août 1999, ORIDEV a été sélectionnée par l'INTIF (Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation) et a mis en place un point d'accès aux inforoutes dans le cadre du programme Point d'Accès aux Inforoutes pour la Jeunesse (PAJE) de l'Agence de la Francophonie.

Certains de ces programmes seront mieux présentés plus loin.

2. LA JEUNESSE BENINOISE FACE AUX NTIC

2.1. LE CONTEXTE
Plus de 50% de la population béninoise est constituée de jeunes de moins de 16 ans. La jeunesse constitue donc la couche sociale majoritaire. Bien que l'enseignement primaire soit obligatoire, les conditions socio-économiques entravent fortement la scolarisation des enfants. Celle-ci est souvent tardive, surtout dans les zones rurales (plus de 60% du territoire national) et/ou très rapidement interrompue . La scolarisation des filles est encore plus compromise du fait de la place octroyée à la femme par la société. Il n'est pas rare de trouver des enfants de dix ans en classe d'initiation (première année de primaire. Or l'accès aux nouvelles technologies demeure encore largement tributaire du décodage des langues occidentales (notamment le français) auquel l'école initie.

Ces éléments illustrent déjà les conditions de départ défavorables auxquelles sont confrontés les jeunes béninois en ce qui concerne l'appropriation des NTIC.

2.2. LA FORMATION ET L'ACCES AUX TIC
2.2.1. La formation aux TIC
L'informatique est rarement enseignée dans les écoles primaires, et dans les collèges d'enseignement général public. Elle l'est surtout dans les établissements de formation technique et dans quelques collèges privés d'enseignement général. Dans les structures de formation générale, cet d'enseignement est même optionnel parfois.
Dans les écoles de formation supérieure privées (Institut Nationale d'Economie, Institut Supérieur de Technologie, Gasa Formation, etc..), de façon formelle il existe des filières informatiques : BTS Informatique de Gestion, BTS Informatique Industrielle, BTS Maintenance, Analyse- Programmation ; ces filières sont ouvertes aux étudiants de niveau Terminale ou ayant le Baccalauréat. Il existe également des formations d'opératrices/opérateurs de saisie (initiation aux logiciels de bureautique) pour les élèves de niveau troisième en moyenne. Malheureusement, il est souvent déploré le caractère trop théorique des formations. Les étudiants des Facultés des universités publiques sont encore moins bien lotis.
Les jeunes sont ainsi obligés de se faire former dans les centres de formation informatique privés (ouverts par des entreprises ou les quelques ONG opérant dans ce secteur). La formation aux nouvelles technologies (formation liées à l'internet) est quasi inexistante dans l'enseignement, qu'il soit primaire, secondaire ou supérieur non technique.

2.2.2. L'accès aux TIC
Les lignes précédentes illustrent comment l'accès aux TIC par la jeunesse est placé sous de mauvaises augures. Cet accès est rare dans les établissements d'enseignement et de formation car la plupart d'entre eux se disent handicapés par les coûts d'acquisition et de fonctionnement des TIC. En effet, le coût d'un ordinateur multimédia " clone " équivaut environ à trente fois le SMIG national et 8 mois de salaire pour un enseignant du secondaire . Son acquisition constitue une charge très lourde même pour ces établissements qui ne disposent souvent que de vielles machines usagées (des " 486 " ou même quelquefois des " 386 "). La disponibilité de matériels neufs relève de l'exceptionnel. Dans les structures privées où le coût des formations est plus élevé et donc prohibitif pour les familles à revenus modestes, cette configuration est légèrement améliorée. Il est ainsi très rare, de trouver un point d'accès à l'internet au service des élèves. Quelques établissements n'ont pu s'en doter que dans le cadre d'initiatives extérieures telles le projet américain Globe. Là où des efforts ont été réalisés en interne le coût de la communication téléphonique devient un obstacle pour une mise à disposition minimale de l'internet. Dans certains de ces établissements privilégiés, le non paiement de la facture téléphonique engendre périodiquement la suspension du service internet .

En ce qui concerne les universités publiques, seul l'ex-Centre Syfed (Campus Numérique Francophone) de l'Université d'Abomey Calavi (ex-Université Nationale du Bénin - UNB)) met au service des étudiants un accès à l'internet. Mais l'offre de ce service est réservé aux étudiants en fin de cycle.

Précisons que l'Université d'Abomey Calavi (ex-UNB) et l'Institut National d'Economie sont les deux seules institutions de formation disposant d'un accès permanent, ceci, grâce à des projets ou programmes internationaux (Campus Numérique Francophone, Centre d'Education à Distance mis en place grâce à la Banque Mondiale). L'accès est y payant. Tous les autres établissements connectés le sont via le Réseau Téléphonique Commuté.

Ainsi en dehors de sa contribution infrastructurelle (plutôt symbolique) dans l'installation du Centre d'Education à Distance et du Campus Numérique Francophone, le pouvoir public n'a mis en place aucune structure de formation et d'accès aux TIC pour les jeunes.

2.2.3.Le rapport aux TIC
Les services et applications de l'Internet exploités par les jeunes sont le courrier électronique, le web, le chat. L'email est le plus utilisé, suivi du web (navigation) et plus rarement du chat. L'usage majoritaire est la correspondance, correspondance entre amis et parents résidant à l'étranger. Elle se fait essentiellement via l'email, soit via les webmails, soit via les logiciels classiques de courrier en mode off ou online. Un grand nombre d'élèves et d'étudiants surfent avec comme finalité la recherche de bourses d'études à l'étranger ou plus généralement la quête d'informations liées à la poursuite de leurs études. Seule une faible frange des jeunes s'adonne au chat, d'autant plus que son usage est souvent associé à la distraction. Le coût d'accès au web étant élevé, le chat est légitimement perçu comme un luxe. Notons que l'objet de certaines navigations est la consultation de sites pornographiques.

Une classification hiérarchique entre ces différents usages placerait la correspondance en premier suivi probablement mais beaucoup plus loin de la consultation des sites érotiques, puis de la recherche d'informations liées à la poursuite des études.

Il convient de remarquer qu'au Bénin, tout comme dans la majorité des pays africains, l'usage de l'internet est beaucoup plus utilitaire que ludique. Très rares sont en effet les jeunes s'adonnant aux jeux et à la distraction sur l'internet. Cet usage trouve son cadre d'expression dans les vidéo-clubs (jeux-vidéo) qui essaiment dans les principales villes Cotonou et Porto-Novo.

Précisons aussi que les contenus éducatifs sont presque inexistants sur l'internet béninois et que l'usage des NTIC à des fins éducatives reste anecdotique. (voir usages des TIC dans le programme Globe au Bénin sur www.aftidev.net)

3. INSERTION DE LA JEUNESSE DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION : CONTRIBUTIONS DE L'ONG ORIDEV

L'ONG ORIDEV a depuis sa création mis en place des programmes susceptibles d'initier, de renforcer les capacités des jeunes en matière de TIC et de promouvoir leur épanouissement par ces technologies. Ces actions répondent à trois impératifs :
Ø Former aux TIC,
Ø Donner accès aux TIC,
Ø Promouvoir l'épanouissement de la jeunesse par les TIC.

3.1. FORMER ET DONNER ACCES AUX TIC
3.1.1.Activités liés au programme formation
L'unité d'exécution du programme Formation est composée de deux informaticiens ayant des compétences diverses en ce qui concerne la formation à l'utilisation de l'ordinateur, de l'internet, de certains logiciels tels que WORD, EXCEL, ACCESS de la suite bureautique de Microsoft, la mise en œuvre de réseaux et de serveurs, la maintenance de matériels informatiques. Le programme a pour cibles principales les jeunes élèves, étudiants et diplômés sans emplois. Les formateurs ont à leur actif des centaines d'heures de formation : initiations aux TIC dans des établissements tels CEPIB Formation, Master School, collaboration avec des clubs informatiques et/ou internet, etc. Les formations se font quotidiennement dans les locaux de ORIDEV dans la salle formation comportant six ordinateurs mais aussi dans des établissements de formation. Elles peuvent venir aussi en appui aux manifestations organisées par le programme Information-Sensibilisation. Plusieurs centaines de jeunes ont déjà été ainsi formées. Des bourses de formations leur sont aussi offertes périodiquement.

3.1.2. Activités menées dans le cadre des fêtes de l'internet
La fête de l'internet est une manifestation internationale de promotion de l'internet organisée depuis cinq ans au mois de mars www.internetfiesta.org . Depuis 1999, ORIDEV à travers son programme Information-Sensibilisation participe à l'organisation de cette fête au Bénin. Différentes activités centrées principalement autour des jeunes sont initiées. Nous allons examiner quelques-unes ayant eu lieu au cours de l'édition 2001 : les ateliers internet, les ReV (rencontres virtuelles), le jeu-concours Cybercrack.

Les ateliers internet
Les ateliers d'initiation et de formation à l'Internet ont pour objectifs de sensibiliser aux enjeux de l'Internet et d'initier et former à l'utilisation de ses principales applications. Ils s'organisent sur les différents sites sur lesquels ORIDEV développe ces activités. Plusieurs machines ont été déployées (au total 28 ordinateurs ont été installés pour une durée d'un à trois jours sur les trois différents sites à savoir : Isis informatique, le PAJE ORIDEV et le Centre Culturel Français de Cotonou). Un vidéoprojecteur a été exploité sur le site du PAJE Oridev. Dix-neuf animateurs ont été mobilisés. Du matériel didactique (CDROM d'initiation, des prospectus d'initiation et de sensibilisation " Internet, tout comprendre en 5 minutes ") a également été distribué. Suivant le programme, des groupes de jeunes sélectionnés au préalable dans leurs écoles ou venus de leur gré sur les sites sont orientés vers des ordinateurs connectés en permanence. Ils suivent une brève présentation de l'Internet et de ses services. De façon spécifique, ils apprennent à naviguer, à envoyer et recevoir du courrier. Des foires aux questions sont aussi organisées (séances de questions-réponses sur les TIC)
Toujours dans le cadre des ateliers internet, des séances de navigation gratuites sont organisées. Durant l'édition 2001 de la fête, plus de cent ordinateurs ont été mis en place sur les sites de Oridev et celui des cybercentres partenaires de l'opération "Internet prix cassés" initiée par l'ONG. Pendant les trois jours environ 700 passages de navigation (30 minutes par personne) ont été enregistrés sur tous les sites. L' opération a permis d'offrir soit gratuitement, soit à coût réduit de 50%, l'accès au web.

Les ReV scolaires
Les ReV sont des rencontres virtuelles que ORIDEV organise pendant la fête de l'internet. Les ReV scolaires mettent en scène des jeunes scolaires. En 2001 une ReV a été organisée sur le thème "La jeunesse et le Sida". L'objectif était d'initier les participants (élèves des collèges de Gbégamey et Aupiais) à la conversation en direct sur Internet (Chat) dans le cadre d'un débat sur un sujet d'enjeu pour cette cible. Seize ordinateurs connectés à Internet ont été utilisés. Le logiciel Yahoo Messenger a été retenu et installé pour le Chat. Après explication de l'application, le logiciel a été présenté et des adresses email ont été créées. La conférence a duré 60 minutes d'horloge pendant lesquelles les jeunes ont pu non seulement découvrir un outil très utile, mais également échanger et préciser leurs inquiétudes et espoirs sur le SIDA

Le jeu-concours Cybercrak
Oridev organise différents jeux-concours dans le cadre de la fête. Cybercrack est le principal jeu initié. Il est lancé depuis trois ans et a pour objectif de promouvoir une culture en NTIC au sein de la jeunesse béninoise (jeunes âgés de 25 ans au maximum). Les meilleurs candidats ayant répondu à un questionnaire sur les TIC sont récompensés. En 2001, le concours a été organisé en deux phases, questionnaire écrit et phase finale pratique (travaux sur l'ordinateur et l'internet). Le concours est lancé sur les chaînes de radio, diffusé par voie d'affiches et via l'internet. Les deux premiers lauréats de ce concours ont gagné des prix comportant une imprimante couleur et un ordinateur Pentium.

3.1.3. Le Point d'Accès aux Inforoutes pour la Jeunesse (PAJE)

Pour aider les jeunes à accéder à l'internet à coûts réduits, l'ONG a mis en place le PAJE avec l'appui de la francophonie. Ce cybercentre est composé de quinze ordinateurs dont dix à la disposition du public constitué exclusivement de jeunes. Il est ouvert officiellement depuis début 2001 et situé dans l'enceinte de l'Institut National d'Economie, une institution de l'ex-Université Nationale du Bénin. Le coùt de l'accès a été fixé au départ à 700 F CFA par heure (un dollar) puis à 500 F CFA (moins d'un dollar). Périodiquement, des séances de navigation gratuites sont offertes aux élèves et aux étudiants de l'INE. Le PAJE dispose d'une connexion internet par ondes radios.

3.1.4. Divers

D'autres services et outils sont mis à contribution pour former les jeunes. Il s'agit du bulletin électronique mensuel sur l'évolution des TIC ORIT@, de certains services du site du PAJE ORIDEV, de la liste de discussion sur les NTIC, etc.

Le bulletin ORIT@ est mis en place depuis février 2000 par le Programme Information-Sensibilisation. Sa rubrique " Trucs et Astuces " informe le public et les jeunes sur des technologies et outils spécifiques susceptibles de renforcer leurs capacités opératoires.

En ce qui concerne le site du PAJE ORIDEV www.paje.oridev.org, il offre différents outils de formation (rubriques " Trucs et Astuces ", forum de discussion sur les NTIC, etc.).

Enfin, la liste de discussion NTIBEN nouvellement créée poursuit en partie cet objectif.

Certains de ces derniers services/outils sont nouveaux et en expérimentation.


3.2. PROMOUVOIR L'EPANOUISSEMENT PAR LES NTIC
3.2.1 Le club fragment du monde/Oridev
L'utilisation des NTIC ne peut être réellement productive que lorsqu'elle s'opère dans le cadre de projets de développement concrets. C'est également à cette condition que ces technologies pourront réellement appuyer l'éclosion des pays en développement. Fort de ce postulat, ORIDEV a mis en place le Club Fragments du Monde Oridev, dans le cadre du projet international francophone qui porte le même nom.

Fragments du monde est un projet d'échange culturel par Internet mis en place par VECAM (Veille Européenne et Citoyenne sur les Autoroutes de l'information et le Multimédia) et INJEP (Institut de la Jeunesse et de l'Education Populaire) en collaboration avec des associations de 7 pays francophones (dont ORIDEV au Bénin) avec le soutien de l'Agence Internationale pour la francophonie et le parrainage de l'UNESCO.
Fragments du Monde se présente en particulier sous la forme d'un concours de page web ouvert aux groupes de 3 personnes au moins, âgées de 15 à 25 ans. L'objet du concours : présenter une place publique nationale, des témoignages sur ladite place et enfin concevoir une histoire imaginaire centrée sur la place et reflètant les visions que se donnent les jeunes pour leur meilleur épanouissement. C'est dans ce cadre précis que fonctionne le Club Fragments du Monde Oridev qui s'est en particulier donné pour objectif de promouvoir la culture béninoise par le web.

Pour lancer le projet au Bénin en 2000 et pour participer au projet de création de pages, Oridev, a eu à former six (6) jeunes à la conception des pages web et au graphisme. Le premier groupe (composé de BOCO Eric, LOKOSSOU Carole et de AZAGNANDJI Carille) a pu construire un site sur le musée historique d'Abomey. Le second groupe dénommé " Perspectives 2001 " est composé de trois personnes (ALEDJI Franck, AFFOUGNON Barnabé et de SEMAVO Nadine). Il a construit un site sur le site culturel baptisé " la Route de l'Esclave " à Ouidah au sud du Bénin. Cette route était empruntée par les esclaves dahoméens (le Dahomey est l'ancien nom du Bénin) lorsqu'ils étaient acheminés par les négriers vers l'occident. Ce travail leur a permis de reprendre possession de leur histoire dans une vision prospective de réconciliation des peuples impliqués dans la traite négrière. Ce site a obtenu le premier prix dans la catégorie " contenu " lors du concours international Fragments du Monde.
En 2001, le Club s'est élargit. Quatre jeunes ont participé au concours de pages web lancé dans le cadre des IV èmes Jeux de la Francophonie et de la XIX ème Biennale de la langue française qui se sont déroulés au Canada sous le thème " La jeunesse et La langue française ". Avec leur contribution titrée " La langue française en aventure à Cotonou " ils ont décroché le prix attribué par la Biennale de la langue française, catégorie " littérature web amateur ". Ce site (www.oridev.org/lescotonois) a été élaboré aux couleurs de la francophonie et présente cette langue, dans son évolution, notamment son enrichissement et son utilisation par les jeunes à Cotonou. En outre, tout comme en 2000, deux autres jeunes (Barnabé AFFOUGNON et Thierry NOUKPO) ont eu à participer à l'Université d'été et au séminaire organisés en France dans le cadre du projet. Ils se préparent avec d'autres membres pour participer une fois de plus au concours de cette année.
Ce projet concoure concrètement à l'épanouissement des jeunes du Club par les TIC. Les cadres d'échanges institués par le projet leur permettent de collaborer avec d'autres jeunes des autres continents.

3.2. Forum " Jeunesse et sida "
Les ReV scolaires organisés en 2001 lors de la fête de l'internet correspondent aussi aux genres d'activités pouvant concourir à l'épanouissement des jeunes par les TIC. Nous avons présenté cette activité en 3.1.2.


4. CONCLUSION ET PERSPECTIVES

La couche juvénile constitue la force prospective du développement de la technologie. Mais le terrain socio-économique sur lequel il s'épanouit ne favorise pas son appropriation des technologies de l'information et de la communication. Les écoles, collèges et universités mis en place par le pouvoir public ou par le privé intègrent peu pas de dispositifs adéquats de formation et d'accès aux TIC. Au niveau des collectivités locales en particulier, ces dispositifs aussi inexistants. Hors du système scolaire formel, les quelques organisations non gouvernementales (tout comme les entreprises) spécialisées sur les TIC s'activent pour suppléer cette carence de l'Etat et favoriser l'insertion des jeunes dans la société de l'information.
L'ONG ORIDEV, la première association béninoise de promotion des TIC et la plus active, a placé la jeunesse au centre de ses activités. Ses différents programmes notamment les programmes de formation et Infoports sont spécialement bâtis pour répondre à l'impératif d'appropriation des TIC. Elle travaille actuellement sur différents outils pour renforcer ses dispositifs d'appropriation (création de contenus éducatifs sur le site du P@je ORIDEV, inter-opérationnalité et meilleur fonctionnement de la liste et du forum de discussion sur les TIC, amélioration des autres services du site, du PAJE etc.).
Pour les jeunes béninois, l'internet constitue un outil strictement utilitaire que ludique. De ce fait, moins qu'en occident, les enjeux comme le contrôle de l'accès au net sont moins mis en exergue.
Il serait utile aujourd'hui de mener une étude approfondie pour mesurer le niveau d'appropriation des TIC par les jeunes du Bénin de même que leurs rapports aux TIC.

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